Une constellation de cités

“Il va me falloir des coordonnées précises, mon vieux. Vous n’avez pas l’air dégourdi, alors je vous mets au courant : de Slasie à Bel-Alfa en faisant le tour par Tyl, on ne peut pas faire deux pas sans marcher sur un patelin “alfin”. Quand vous voulez avoir l’air un brin sérieux au Sud, dénicher une ruine avec un srihoi gravé dessus et vous proclamer “alfin” est la moindre des choses.”

 

Si les Alfins primitifs n’ont pas laissé d’histoire, ils ont indéniablement laissé une géographie. À notre époque, la première région qui vient à l’esprit est bien entendu la Côte Alfine, Bel-Alfa et sa péninsule, Byrènes et Bel-Sicarios, et toutes la cohortes des cités qui s’égrènent le long de la côte – toutes prétendantes au titre de cité d’origine des Alfins. Et ces villes sont anciennes, cela ne fait aucun doute – bien plus que n’importe quelles villes du nord de la mer, à l’exception peut-être de Liarnes. Mais la Godi Alfel, le monde alfin, va bien au-delà de ce débris d’empire. Les Alfins sont des marins et des colons qui ont essaimé partout. Liarnes est leur cité la plus connue dans ce qui deviendra plus tard la Slasie, loin dans les marches d’un territoire toujours malgré tout concentré au sud de la mer. La plupart des îles portent leur emprunte; Gurgon, les Earices, malgré leurs spécificités culturelles, gardent encore la trace de l’installation des Alfins. Les nombreux archipels qui se trouvent aujourd’hui sous la domination de la République des Deux-Cités sont également garnies d’anciens comptoirs. Nous parlons après tout d’un peuple capable de contourner le désert pour installer ses plus récentes colonies dans la péninsules d’Astrie, à des milliers de lieues au sud.

Ironiquement, nous retrouverons toujours plus de reste des anciennes villes de la côte Alfine que de ces colonies de l’extrême-sud, enfouie, dit-on, sous plusieurs toises de cendres.

 

Publicités