Le monde Alfin

“Ah, ces messieurs des côtes Alfines se chamaillent encore. C’est à s’arracher les oreilles de bêtises. Vous vous souvenez du frère Doclos et de son recensement linguistique ? Soixante-dix-huit dialectes, rien qu’entre Birènes et Bel-Alfa. Et aucun qui n’ai subit de transformation majeure depuis cinq cent ans. Nous ne sommes même pas fichu de retrouver la moindre trace de la langue parlée lors de la fondation de Tyl, et chacun de ces singes prétend avoir des arguments faisant de sa cité le berceau des Alfins. J’entends ces sornettes depuis quarante ans. Fermez-moi cette porte avant que je perde ce qui me reste de dents à les mordre.”

 

 

Au fil des millénaires, le terme “Alfin” est devenu l’une des dénominations les plus ambiguës d’orient. Pour tous ceux ne faisant ni métier ni intérêt de philologie ou d’histoire, la polémique est assez lointaine ; l’Alfin désigne cette vieille langue dans laquelle les curés disent la messe et se parlent à voix basse. La plupart des hommes vivant au sud de la mer sont également dit Alfins. Mais pour les érudits, la question est beaucoup plus embarrassante.

Car pour tous ceux qui se sont un jour piqué d’archéologie, les Alfins semblent toujours avoir été là. Ils prirent des habits différents selon les lieux et les cités, mais ne perdirent jamais leurs trois grands attributs : leur langue, leur religion et leur architecture. Il n’existe aucune archive, dans aucune cité, laissant penser qu’une culture antérieure existât avant eux ; et sur certaines tablettes datée de plus de trois mille ans, on reconnaît déjà de l’alfin. On trouve déjà leur srihoi gravés. Et cela, où que l’on creuse. Si les Alfins eurent jadis un berceau, il y a bien trop longtemps que l’acte de naissance en attestant s’est perdu. Seul un nom légendaire surnage, celui de Prien-Edaphos qu’on nomme en liarnais Perno l’Atavo, Prien l’ancêtre – l’unique et mythique aïeul mentionné par les plus anciens textes. Et cette minuscule référence reste à ce jour la seule chose que les chercheurs de l’Ecclésiat ont à ce mettre sous la dent.

Publicités